A l'occasion du conseil municipal de Suresnes du 12 octobre 2010, la ville a présenté sa contribution au débat public sur le Grand Paris. Viviane Meilhac, conseillère municipale des Verts, a ajouté son point de vue :
Mon scepticisme est grand quant à ce projet qui ne me semble pas en phase avec les enjeux d’une époque où nous devons éviter les dépenses inutiles en projets grandioses pour privilégier les projets simples, peu coûteux et rapides à mettre en oeuvre.
Mes inquiétudes sont principalement orientées dans les domaines suivants :
1. une absence d'étude d'impact financière détaillée pour un projet source d'asphyxie des finances publiques et de dépenses complémentaires pour les contribuables et les usagers,
2. un projet qui n'est pas conforme à la réglementation européenne et nationale,
3. une évaluation environnementale déficiente et déjà critiquée par l'autorité environnementale,
1. Un projet non financé et source de futures difficultés financières pour l'État et les collectivités
On peut déplorer la pauvreté du dossier sur la question essentielle du financement de cette infrastructure. Deux pages seulement y sont consacrées : aucun coût d'investissement détaillé, des omissions non chiffrées, pas de coût de fonctionnement, aucune inscription de ces coûts par rapport au système actuel.
En 2009, le coût de fonctionnement du système de transport en Île-de-France revenait à 7,9 milliards d'euros, financés à 20% par les collectivités publiques, 38% par le versement transport (payé par les entreprises de plus de 9 salariés), 30% par les voyageurs (recettes tarifaires), 8,5% par les employeurs (remboursement partiel des titres de transport), 3% par des recettes diverses comme la publicité. Malgré ces sommes, les dysfonctionnements du système sont de plus en plus fréquents.
En euros constants, le coût de fonctionnement du projet Grand Paris à l'horizon 2025 pourrait osciller entre 12,5 et 14 milliards d'euros, soit environ le double d'aujourd'hui. Or il n'y aura pas deux fois plus d'usagers ni d'entreprises pour annuler ce risque d'augmentation. Et si le nombre de passagers n'augmentait pas, il faudrait multiplier par 1,5 à 2 tous les tarifs, les subventions des collectivités et le versement transport des entreprises.
Comment financer le projet ? Tabler sur les plus-values immobilières c'est, de fait, programmer d'écarter des alentours des gares les personnes à faibles revenus. Il y a également de grands risques que les effets de la crise économique se poursuivent pendant de nombreuses années diminuant les ressources de l'ensemble des financeurs.
S'agissant de travaux souterrains à aléas forts, aucune évaluation n'a été faite du risque de dérapage des coûts du tunnel et de la manière de financer ces dérapages qui pourraient représenter des milliards d'euros. Ces milliards d'euros supplémentaires risqueraient d'asphyxier financièrement de nombreuses collectivités qui n'auront plus de marges de manoeuvre pour des dépenses plus essentielles notamment dans le secteur social. Le dossier doit comporter une analyse des risques.
Risque ou pas risque, l'argent public manque et les ressources prévues sur ce projet ne pourront pas être affectées à la construction de logement sociaux ou d'emplois de proximité. Ce plan d'aménagement aura des effets néfastes sur d'autres politiques publiques et donc sur l'environnement des franciliens en augmentant leurs dépenses contraintes.
Lire la suite "Débat sur le Grand Paris : contribution de Viviane MEILHAC, Les Verts de Suresnes" »


Les commentaires récents